Lundi 19 juin 2006 1 19 /06 /Juin /2006 11:42

S'il y a un "gratuit" qui m'amuse particulièrement, c'est bien économie matin. Un hebdo "d'économie" (en fait, ça parle bourse et entrepreneurs) qui récite le bréviaire médéfien de manière mécanique et sentencieuse.
Dans le numéro de la semaine dernière, en particulier, un article m'a beaucoup fait sourire.
Jaune.

Donc, en page 4, on trouve un articulet écrit par Olivia d'Espous sur l'ISF, titré Impôt sur la fortune : de plus en plus injuste.


Un bel et bon article de journal pour rentiers, avec plein de chiffres dedans, pour montrer combien cet impôt est horrible, scandaleux, et nous menace tous, oui, même toi qui n'est que le modeste propriétaire d'un petit pavillon sans charme à 800 000 €...

Enfin bref, un article idiot de plus, mais qui en deux parargraphes croquignolets s'est tiré, de lui-même, une balle dans le pied :

"Il touche plus de 350 000 contribuables, près de deux fois plus qu'en 1997"
...
"De quoi transformer la sociologie de l'ISF pour le figer en impôt injuste des classes moyennes"

350 000 contribuables. Classes moyennes.

Suis je le seul à rire (jaune) de la juxtaposition de ces deux informations ?
Faut-il en comprendre que les "classes moyennes" sont donc le 1% le plus riche de notre société ?

Par Florent - Publié dans : Réactions
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Mardi 13 juin 2006 2 13 /06 /Juin /2006 17:10
Un an déjà que les lourds vélos rouges ont envahi les trottoirs et les chaussées lyonnaises.

L'anniversaire approchant de mon acquisition d'une carte longue durée, j'ai donc été admirer le compteur kilométrique de mes déplacements en Velo'v.

Le bilan, finalement, n'a rien de négligeable... 26 heures passées sur ces vélos, 300 kilomètres parcourus. Loin de moi l'idée d'en faire une performance, après tout c'est à peine plus en un an que ce que couvre un coureur en une étape du Tour de France (en beaucoup moins de 26 heures, mais je voudrais les voir monter le Tourmalet en Velo'v, pour rire), et comparativement à un "vrai" cycliste urbain, avec un vrai vélo et du courage les jours de pluie, c'est ridicule.

Néanmoins, ce sont 300 kilomètres que je n'ai pas fait en voiture (ça pollue, ça coûte cher) ou en transports en commun (ça pollue moins et c'est moins cher, certes, mais tout de même).

Si je les avait fait dans une honnête voiture (pas un 4x4, hein, une voiture  moderne et "propre" de monsieur tout le monde), j'aurais quand même produit 45 kilos de CO2. Sur le total de nos émissions de gaz à effet de serre, c'est peut-être pas grand chose, mais le chiffre m'a amené à réfléchir.

45 kilos de CO2 économisés.
Une bonne grosse brouette de charbon, si vous voulez une métaphore.
Ou, si vous voulez être plus précis, environ 25 m3 de CO2 en moins. Le volume d'une pièce.


Juste en m'offrant le luxe d'une petite balade en vélo (certes un peu lourd) pour rentrer du travail les jours de beau temps, ou de soirée, quand les métros sont allés dormir.

Ca nous laisse imaginer ce qu'on pourrait économiser en faisant de vrais efforts pour changer nos comportements...
Par Florent - Publié dans : Réactions
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 15:58

"Et donc, monsieur Duhamel, vous conviendrez avec moi que pour enrayer cette délinquance de masse, il faut intervenir le plus en amont possible, c'est-à-dire que les institutions fonctionnent bien là où elles sont, que la famille fonctionne bien, que les parents fonctionnent bien et lorsque les parents sont en difficulté, on les repère. Et à ce moment-là, on met les allocations familiales sous tutelle. Ca a été retenu dans le projet des socialistes..."

Donc, voilà, par la grâce de Ségolène Royal, le parti socialiste inscrit dans son projet la mise sous tutelle des allocations familiales. Sous quelle forme précise, on ne sait pas encore, mais je suppute qu'on devrait arriver à une proposition assez proche de celle-ci :

Dans le cas où les enfants donnant droit aux prestations familiales sont élevés dans des conditions d'alimentation, de logement et d'hygiène manifestement défectueuses ou lorsque le montant des prestations n'est pas employé dans l'intérêt des enfants, le juge des enfants peut ordonner que les prestations soient, en tout ou partie, versées à une personne physique ou morale qualifiée, dite tuteur aux prestations sociales.

Ca me paraitrait pas mal, non ? Equilibré, mesuré, et acceptable par des socialistes... Pas très étonnant, c'est le texte de l'article 552-6 du Code de la Sécurité Sociale, qui remonte à un décret de... 1985 (1). Période ou les laxistes socialistes étaient au pouvoir.

(1) En fait, ça date même de bien avant 1985, mais je ne suis pas un grand archéologue. Si quelqu'un plus juriste que moi peut me trouver la mère de toutes les lois restreignant les droits aux allocations familiales, je suis preneur...

Mais je me trompe peut-être, peut-être faut-il oublier les textes par trop "laxistes", comme celui-ci, et aller plus loin.... Pourquoi pas une suppression des allocations pour les parents qui ne respectent pas l'obligation scolaire pour leurs enfants. Ca ce serait courageux, au moins, ça montrerait que les socialistes ne sont pas d'ignobles laxistes... Tiens, un texte qui ressemblerait à peu près à ça :

Le versement des prestations familiales afférentes à un enfant soumis à l'obligation scolaire est subordonné à la présentation soit du certificat d'inscription dans un établissement d'enseignement public ou privé, soit d'un certificat de l'autorité compétente de l'Etat attestant que l'enfant est instruit dans sa famille, soit d'un certificat médical attestant qu'il ne peut fréquenter régulièrement aucun établissement d'enseignement en raison de son état de santé.

Pas mal non plus, non ? Article 552-4 du Code de la Sécurité Sociale. 1985, lui aussi. Foutus laxistes du PS.

Bon, donc ce n'est pas encore ça, je suppose que mon laxisme naturel de socialisme me contraint à être timoré... Que pourrait donc être une législation sur les allocations familiales qui "rompe avec le laxisme et l'angélisme du parti socialiste" ?
Quelque chose comme ça, peut-être :

le directeur de l'organisme débiteur des prestations familiales suspend, pour la durée et dans la proportion décidées par le président du conseil général, le versement de la part des allocations familiales et du complément familial dus à la famille au titre de l'enfant dont le comportement a conduit à proposer la conclusion d'un contrat de responsabilité parentale.
La durée de la mesure de suspension est au plus égale à trois mois. Elle peut être renouvelée, par l'autorité l'ayant prononcée, dans la limite d'une durée maximale de suspension de douze mois.

Ca pourrait être pas mal, ça, c'est ferme, non ?
Et en plus, ça, c'est pas un truc voté par le parti socialiste, pour changer des autres.
Je vais pas faire trois fois la même plaisanterie éculée.

Non, ça, c'est l'article 552-3 du Code de la Sécurité Sociale. Institué par la loi 2006-396, dite "Egalité des Chances", qui parlait aussi, entre autres, de CPE et d'apprentissage à 14 ans.


J'ai du mal à comprendre pourquoi on a inclu ce dispositif de "mise sous tutelle des allocations" dans le projet. Sans doute pour le plaisir shadokien de réinventer la roue..

Parce que soit on voit ça dans une perspective "humaniste", encadrée par un juge, sans baser cela sur une culpabilisation mais pour aider les familles, et ça existe depuis des lustres (et c'est appliqué).
Soit on voit ça dans une logique de punition, de "contrat de responsabilité parentale", et alors j'ai du mal à comprendre pourquoi nous nous sommes tant battus contre la loi "Egalité des chances", et pourquoi on se bat contre la droite... Et de toutes façons ça existe déjà

Par Florent - Publié dans : Réactions
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /Juin /2006 16:33

"Le problème, c'est que dès qu'un nouveau militant arrive, on lui demande de travailler, de coller, de tracter. Moi, je n'ai jamais collé d'affiches, et j'espère bien ne jamais avoir à le faire".

Ce propos, émanant d'un cadre local, m'a quelque peu interpellé. Non pas par le fait qu'il n'ait jamais collé d'affiches. On peut aussi militer efficacement ailleurs que la nuit avec un balai poisseux, et je n'ai jamais trop eu l'amour des brevets, fût-ce de bonne militance.

Non, ce qui m'interpelle vraiment, c'est la vision du militantisme, ou plutôt l'absence de vision du militantisme, qui sous-tend un tel propos. Effectivement, militer, c'est du "travail".
Ca prend du temps, ça consomme de l'énergie. Ce n'est pas toujours gratifiant, ce n'est pas toujours amusant, et en plus on paye une cotisation pour venir travailler.

Mais on le fait quand même. Et avec enthousiasme, même.

Parce que militer, c'est un engagement. On ne s'engage pas dans un parti politique par hasard ou pour s'inscrire dans un plan de carrière, on le fait, on fournit ce travail, comme dirait l'autre, parce qu'on a des convictions.
Qu'on a envie de transformer la société et qu'on sait pertinemment qu'on ne peut pas le faire depuis le fond de son canapé, ou même sur son blog.

On travaille certes, mais on ne fait pas un métier. Une nuance que certains semblent parfois oublier.

Par Florent - Publié dans : Réactions
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