Vendredi 30 juin 2006 5 30 /06 /Juin /2006 11:14

Les discussions autour de la machine à café constituent un rituel social essentiel dans les entreprises. Et, depuis près d'un mois, elles tournent autour d'un sujet majeur, essentiel même, le foot. Et, plus particulièrement, l'équipe de France...

Autant vous prévenir tout de suite, je ne ferais ni un billet de thuriféraire du foot, ni un billet empreint de condescendant cynisme envers le nouvel opium du peuple. Que tout un pays, voire même la planète entière, se focalise sur un demi-hectare de pelouse n'est pas le propos. Non, ce qui m'a fasciné, c'est l'attitude, fort représentative, de mes collègues vis-à-vis de cet évènement...

La semaine dernière, encore, l'équipe de France était en dessous de toi, ramassis de vieilles stars surpayées et qui, finalement, avaient toujours été un peu surestimées. Et que Vieira il est nul et il faut le virer, et que Zidane il est trop vieux on ferait mieux de faire jouer machin à la place, et que de toutes façons elle va bientôt être éliminée et que Domenech nous prend pour des cons à dire que son objectif c'est la finale, vivement qu'il soit viré cet incompétent, et qu'on est probablement pas capable de battre le Togo,  bla bla bla, tous-des-nuls-c'était-mieux-avant.

En arrivant, encore somnolent, chercher ma dose de caféine mercredi matin, l'agitation footballistique était grande, mais avait changé. Le Brésil, on va le battre, Domenech est un grand sélectionneur, Vieira le meilleur du monde, quand à Zidane, "notre zizou", ah ah, qu'est ce qu'il leur a mis dans la gueule à ceux qui le trouvaient trop vieux moi je l'ai toujours dit qu'il était le meilleur joueur du monde, et vivement le 9 juillet on fera un barbecue pour la finale tu veux venir, ah la la qu'est ce qu'on est forts.

Les voyant ainsi s'agiter avec enthousiasme, dans un virage complet sur leur enthousiasme à médire de la veille, j'ai eu le sentiment de contempler une nuée de poissons rouges, redécouvrant avec un perpétuel émerveillement les contours de leurs aquariums, positivement ravis de découvrir ce joli caillou, là au fond, qu'ils venaient de quitter cinq minutes avant pour visiter cet étrange bocal inconnu dans lequel ils vivent pourtant depuis des années.

Cette incapacité chronique, même sur un sujet aussi trivial que le football, à la moindre prise de distance avec l'évènement me sidère. Voir des gens, par ailleurs pas plus bêtes qu'un autre, ne fonctionner que sur le mode de la réaction, de l'émotionnel, m'attriste.

Je pourrais d'ailleurs, sans doute, y voir une signification politico-sondagière, à un an d'une présidentielle qui, paraît-il, est déjà jouée. Mais je résisterais à cette facilité :)

Par Florent - Publié dans : Hors-Champ
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus